Pour en savoir plus sur ce qu'est la psychothérapie
Annexes
Toutes les séances de psychothérapie se déroulent dans un cadre déontologique
se référant aux codes déontologiques
de la FF2P (Fédération française de psychothérapie et de psychanalyse),
du SNPpsy (Syndicat national des praticiens en psychothérapie )
et de l'EAP (Association européenne de psychothérapie)
Définition de la psychothérapie
face au public et aux instances politiques
Le plus souvent, la réponse apportée à ces moments de crise sera la répétition de réactions acquises au cours de la petite enfance – rage, dépression, fuite devant le réel, etc., - faute de trouver des modes d’être plus adaptés.
À cette souffrance, la médecine apporte une réponse médicamenteuse qui met à distance le symptôme.
Réponse souvent essentielle en temps de crise, mais qui laisse inchangée la position du patient face aux difficultés de la vie et le maintient dans une position passive.
La réponse que propose la psychothérapie consiste non seulement en une augmentation du savoir sur soi, mais aussi en un développement de la conscience de soi, de ses limites, de ses enjeux inconscients et de son potentiel, amenant la personne à mieux devenir acteur de sa vie.
C’est un processus lent et difficile qui nécessite la participation active de la personne et celle d’un partenaire spécifiquement formé pour ce faire : le psychothérapeute.
La formation du psychothérapeute ne relève pas uniquement d’une démarche cognitive – acquisition d’un savoir universitaire - .
Elle se fonde sur 3 points essentiels :
- L’expérience de la gestion de ses conflits inconscients et de sa posture face aux difficultés existentielles, qui lui sera apportée par sa thérapie personnelle.
- Une formation professionnelle au cours de laquelle il acquerra et expérimentera le corpus théorique auquel il se réfère.
- Une formation qui perdurera au cours de l’exercice de sa profession lorsqu’il exposera son travail au regard de ses pairs, lors de sa supervision. Ceci amenant le plus souvent la poursuite de son travail personnel.
Quelle que soit l’approche thérapeutique envisagée, toutes tentent, par diverses méthodes, de mettre à jour des modes d’être inappropriés, reliquats d’expériences infantiles du patient et de favoriser chez lui l’exploration de nouvelles voies.
Thérapie personnelle du thérapeute, formation et supervision seront alors les garants de sa propre capacité à amener son patient vers une conscience plus fine et une meilleure gestion de sa vie.
Évitant au thérapeute de reproduire et d’agir dans la relation ses propres enjeux inconscients au détriment de la bonne marche de la thérapie.
Biarritz, le 24 novembre 2003
Marie PETIT*
Docteur en anthropologie normale et pathologique, psychologue clinicienne, psychanalyste,
psychothérapeute,
Auteur de " La Gestalt, thérapie de l'ici et maintenant ".
Que faut-il attendre d'une psychothérapie ?
Voici d’après moi la meilleure définition de la psychothérapie décrite comme :
"Le chemin le plus long" par Alice Miller
Wednesday 01 June 2005
(Traduit de l'allemand par Pierre Vandevoorde)
« Au cours de mon existence, aucun chemin n'a été aussi long à suivre que celui qui m'a menée à moi-même. Je ne sais pas si je suis une exception, ou si d'autres sont aussi passés par là. Certainement, certains y échappent, car il y a heureusement des personnes qui ont eu la chance d'être pleinement acceptées par leurs parents depuis leur naissance pour ce qu'elles étaient, avec leurs sentiments et leurs besoins. Elles y ont eu accès dès le départ, il ne leur a pas fallu les refouler, et elles n'ont pas été obligées d'emprunter des chemins très longs pour trouver ce qu'elles n'ont pas reçu au bon moment. Ce que j'ai vécu moi, c'est que toute une vie m'a été nécessaire pour que je m'autorise enfin à être comme je suis et à entendre ce que
ma vérité intérieure me dit de façon de moins en moins cryptée, sans attendre une autorisation de l'extérieur, de la part de personnes qui symbolisent mes parents.
On me demande régulièrement ce qu'est pour moi une thérapie réussie, bien qu'indirectement j'en aie décrit les éléments dans différents livres. Mais après cette courte introduction, je suis peut-être en mesure de le formuler plus simplement : une thérapie est réussie dans la mesure où elle contribue à raccourcir le long chemin qui mène à se libérer des anciennes stratégies d'adaptation et à apprendre à faire confiance à
son propre ressenti, ce que nos parents ont rendu difficile et quelquefois impossible. Nombreux sont ceux et celles pour qui ce chemin reste barré, parce que l'accès en a été interdit dès le début et que de ce fait on est rempli de crainte à l'idée de l'emprunter. Plus tard, le rôle que tenaient les parents est repris par les enseignants, les prêtres, la société, la morale, tant et si bien que la crainte devient dure comme du ciment,
et chacun sait qu'il est fort difficile de ramener du ciment à l'état liquide.
Les nombreuses méthodes d'auto-apprentissage de la communication sans violence, ainsi que les conseils précieux et avisés de Thomas Gordon et Marshall Rosenberg, sont très certainement efficaces quand les personnes qui en font usage ont eu dans leur enfance la possibilité de manifester leurs sentiments sans se mettre en danger, entourées d'adultes dont la capacité à vivre au plus près d'eux-mêmes a pu leur servir
de modèle. Mais les enfants gravement blessés dans leur identité ne sauront pas plus tard identifier ce qu'ils ressentent et ce dont ils ont véritablement besoin. Il leur faut d'abord en faire l'apprentissage au cours d'une thérapie, le vivre et ensuite le vérifier par de nouvelles expériences aussi souvent que
nécessaire, jusqu'à acquérir la certitude qu'ils ne se trompent pas. Car ces enfants d'adultes émotionnellement immatures, ou même perturbés, ont dû tout le temps croire que leurs sentiments et leurs besoins étaient faux. Ils se disent que s’ils avaient été vrais, leurs parents n'auraient quand même pas
refusé d'établir la communication avec eux.
Je pense qu'aucune thérapie n'est capable de satisfaire le désir que ressentent sans doute bien des personnes, que soient enfin réglés tous les problèmes auxquels elles se sont heurtées douloureusement jusqu'alors. Ce n'est pas possible, parce que la vie nous confronte et nous confrontera toujours à des problèmes nouveaux, susceptibles de réactiver les vieux souvenirs dont le corps a gardé l'empreinte. Mais une thérapie devrait ouvrir la voie qui mène à ses propres sentiments, l'ancien enfant blessé devrait être autorisé à parler, et l'adulte devrait apprendre à comprendre son langage et à en tenir compte. Si le thérapeute a été un véritable témoin lucide et non un éducateur, son patient aura appris à laisser percer ses émotions, à comprendre leur intensité et à en faire des sentiments conscients, qui à leur tour laissent dans la mémoire des empreintes nouvelles. Naturellement, l'ex-patient, comme n'importe quelle autre personne, aura besoin d'amis avec lesquels il pourra partager ses soucis, ses problèmes et ses
questionnements, dans une forme de communication plus mature, dans laquelle les rapports d'exploitation ne joueront aucun rôle parce que les deux parties ont déjà pris la mesure de l'exploitation subie dans l'enfance.
La compréhension émotionnelle de l'enfant que j'étais, et par là même aussi de son histoire, modifie ma façon d'accéder à moi-même, et me donne de plus en plus de force pour traiter autrement, plus rationnellement et efficacement, les problèmes qui apparaissent aujourd'hui. Ne plus jamais connaître de
souffrances ni faire d'expériences douloureuses, ce serait quasiment impossible, cela n'existe que dans les contes. Cependant, si je ne suis plus une énigme pour moi-même, je peux avoir une réflexion et une action conscientes, je peux laisser de l'espace à mes sentiments, parce que je les comprends et qu'ils ne me font donc plus autant peur. C'est comme ça que les choses peuvent bouger, et l'on a aussi une sorte d'outil entre les mains qui peut être utile si une dépression ou des symptômes corporels viennent à réapparaître.
On sait alors qu'ils annoncent quelque chose, qu'ils veulent peut-être faire remonter à la surface un sentiment réprimé, et on essaie de le laisser s'exprimer.
Comme le chemin qui mène à soi-même se prolonge sur toute la vie, il ne s'arrête pas avec la fin d'une thérapie. Mais on peut attendre d'une thérapie réussie qu'elle aide à découvrir ses propres besoins véritables, à les prendre en compte et à apprendre à les satisfaire. C'est précisément ce que les enfants
blessés très tôt dans leurs vies n'ont jamais pu apprendre. Après une thérapie menée par un thérapeute, on devrait donc aussi être capable de satisfaire ses propres besoins, qui apparaîtront désormais beaucoup plus nettement et avec plus de force, d'une manière qui corresponde à l'individu concerné, et sans nuire à personne. Les restes d'une éducation reçue très tôt ne se laissent pas toujours éliminer complètement,
mais on peut les mettre en œuvre de façon constructive, active et créative si on les prend en compte en toute conscience, au lieu de les subir de façon passive et autodestructrice comme avant. C'est ainsi qu'une fois devenu un adulte conscient, un individu dont la survie avait dépendu de ce qu'il avait réalisé pour complaire à ses parents devient capable de cesser de faire le sacrifice de ses besoins en servant les autres en priorité, comme il lui fallait le faire lorsqu'il était enfant. Il peut rechercher des chemins sur lesquels il déploiera ses capacités précocement acquises à comprendre les autres et les aider, sans négliger pour autant ses propres besoins. Il est possible qu'il devienne thérapeute par exemple, et qu'il satisfasse ainsi
son envie de connaître, mais il ne fera pas ce métier pour se prouver sa puissance, car il n'a plus besoin de cette preuve, maintenant qu'il a revécu son impuissance d'enfant.
Il peut devenir un témoin lucide qui propose à son patient un accompagnement engagé. Il faudrait que cela se fasse dans un espace où n'existe aucune pression morale, dans lequel le patient fait l'expérience (souvent pour la première fois de sa vie), de ce que c'est que de sentir son vrai Soi. Et le thérapeute est en état de mettre d'emblée cet espace à disposition si lui-même a déjà fait cette expérience. Alors il est prêt à
laisser tomber les vieilles béquilles, celles de la morale comme celles de sa formation (le pardon, les " pensées positives ", etc...). Il n'en a plus l'utilité, parce qu'il voit qu'il a des jambes en bon état, et son patient également. Ni l'un ni l'autre n'ont plus besoin de ces béquilles dès qu'ils font tomber les voiles qui
dissimulent ce que furent leurs enfances.»
Alice Miller
Docteure en philosophie, psychologie, psychanalyste et chercheuse sur l'enfance
Elle est née le 12 janvier 1923 à Piotrków Trybunalski, en Pologne et morte le 14 avril 2010 à Saint-Rémy-de-Provence, en France.
Code déontologique
Fédération Française de Psychothérapie et de Psychanalyse
Tous les organismes de la FF2P, ainsi que les membres individuels, sont tenus d'exercer leur profession avec un sens
particulièrement aigu de leurs responsabilités vis-à-vis de leur propre personne, de leur travail thérapeutique et des
personnes avec lesquelles une relation particulière est créée par le biais du traitement psychothérapeutique. Les organismes de la FF2P sont dans l'obligation de prêter une attention toute particulière aux questions de déontologie.
Cela s'applique aux formateurs, aux membres et aux candidats des organisations nationales en question.
Les règles de déontologie des organisations nationales :
- visent à protéger le patient/client contre les applications abusives de la psychothérapie par les praticiens ou les
formateurs, - servent de règles de conduite à leurs membres,
- servent de référence en cas de plainte.
1 - Champ d'application
Les règles de déontologie ci-dessous engagent tous les organismes, ainsi que les membres individuels de la FF2P.
Chaque organisme membre doit avoir un code de déontologie propre, compatible avec celui de la FF2P.
2 - La profession de psychothérapeute
La profession de psychothérapeute est une discipline spécifique du domaine des sciences humaines. Elle implique un
diagnostic et une stratégie globale et explicite de traitement des troubles psychologiques, sociaux et
psychosomatiques. Les méthodes utilisées reposent sur des théories scientifiques de psychothérapie.
Par le biais d'une interaction entre un ou plusieurs patients/clients et un ou plusieurs psychothérapeutes, ce
traitement a pour objectif de déclencher un processus thérapeutique permettant des changements et une évolution
à long terme.
La profession de psychothérapeute se caractérise par l'implication du thérapeute dans la réalisation des objectifs
précités.
Le psychothérapeute est tenu d'utiliser sa compétence dans le respect des valeurs et de la dignité de son
patient/client au mieux des intérêts de ce dernier.
Le psychothérapeute doit indiquer son niveau de qualification dans la spécialité où il a été formé.
3 - Compétence professionnelle et perfectionnement
Le psychothérapeute doit exercer sa profession de manière compétente et dans le respect de l'éthique.
Il doit se tenir au courant des recherches et du développement scientifique de la psychothérapie - ce qui implique
une formation continue permanente.
Le psychothérapeute est tenu de ne pratiquer que les méthodes de traitement et dans les domaines de la
psychothérapie pour lesquels il peut justifier de connaissances et d'une expérience suffisante.
4 - Secret professionnel
Le psychothérapeute et son équipe éventuelle sont soumis au secret professionnel absolu concernant tout ce qui
leur est confié dans l'exercice de leur profession. Cette même obligation s'applique dans le cadre de la supervision.
5 - Cadre de la thérapie
Dès le début de la thérapie, le psychothérapeute doit attirer l'attention de son client sur ses droits et souligner les points suivants :
- type de méthode employé (s'il le juge approprié à la situation du client). Il précise les conditions de travail (y compris les conditions d'annulation ou d'arrêt),
- durée présumée du traitement,
- conditions financières (honoraires, règlement des séances manquées),
- secret professionnel,
- possibilité de recours en cas de litige.
Le patient/client doit pouvoir décider lui-même si et avec qui il veut entreprendre un traitement (libre choix du thérapeute).
Le psychothérapeute est dans l'obligation d'assumer ses responsabilités compte tenu des conditions particulières de
confiance et de dépendance qui caractérisent la relation thérapeutique. Il y a abus de cette relation à partir du moment où le psychothérapeute manque à son devoir et à sa responsabilité envers son patient/client pour satisfaire son intérêt personnel (par exemple, sur le plan sexuel, émotionnel, social ou économique). Toute forme d'abus représente une infraction aux directives déontologiques spécifiques concernant la profession de psychothérapeute.
L'entière responsabilité des abus incombe au psychothérapeute. Tout agissement irresponsable dans le cadre de la relation de confiance et de dépendance créée par la psychothérapie constitue une grave faute professionnelle.
6 - Obligations de fournir des informations exactes et objectives
Les informations fournies au patient/client concernant les conditions dans lesquelles se déroule le traitement doivent être exactes, objectives et reposer sur des faits.
Toute publicité mensongère est interdite. Exemples : promesses irréalistes de guérison, référence à de nombreuses approches thérapeutiques différentes, ce qui laisserait supposer une formation plus étendue qu'elle ne l'est en réalité (formations entamées et non terminées).
7 - Relations professionnelles avec les collègues
Si nécessaire, le psychothérapeute doit travailler de manière interdisciplinaire avec des représentants d'autres sciences, dans l'intérêt du patient/client.
8 - Principes déontologiques concernant la formation
Ces principes déontologiques s'appliquent également, par analogie, aux rapports entre formateurs et élèves.
9 - Contribution à la santé publique
La responsabilité des psychothérapeutes au niveau de la société exige qu'ils travaillent à contribuer au maintien et à l'établissement de conditions de vie susceptibles de promouvoir, sauvegarder et rétablir la santé psychique, la maturation et l'épanouissement de l'être humain.
10 - Recherche en psychothérapie
Afin de promouvoir l'évolution scientifique de la psychothérapie et l'étude de ses effets, le psychothérapeute doit, dans la mesure du possible, collaborer à des travaux de recherche entrepris dans ce sens.
Les principes déontologiques définis plus haut doivent également être respectés à l'occasion de ces travaux de recherche et lors de leur publication. Les intérêts du patient/client restent prioritaires.
11 - Infractions aux règles de déontologie
Les organismes sont dans l'obligation de créer des instances de recours et d'arbitrage en cas de litige.
12 - Obligations des organismes de la FF2P
Les organismes doivent exiger que leurs membres praticiens établissent des règles déontologiques compatibles avec les principes du code de déontologie de la FF2P